Assistants généralistes
ChatGPT à l’étude notariale : ce qu’on peut lui demander, ce qu’il ne faut jamais y coller
Presque chaque étude a un clerc qui s’en sert déjà, pour reformuler un courrier ou expliquer une notion à un client. Ces assistants sont remarquables, et ce n’est pas la question. La question est de savoir ce qu’on peut leur confier sans manquer au secret, et ce qu’ils ne savent pas faire sur un dossier.
Ce qu’un assistant généraliste fait bien
- Reformuler. Un courrier type, une réponse à une agence, une explication sans nom ni chiffre du dossier.
- Expliquer. Préparer une explication simple d’une notion pour un client : la condition suspensive, le délai de rétractation, la réserve d’usufruit.
- Résumer un texte public. Une loi, un décret, une décision publiée, un article de doctrine librement accessible.
- Organiser. Un plan de formation interne, une check-list, une trame de réunion.
Ce qu’il ne faut jamais y coller
Tout ce qui vient d’un dossier : pièces d’identité, actes d’état civil, titres, état hypothécaire, offre de prêt, projet d’acte, échanges avec les clients. Le secret professionnel couvre tout ce que le notaire apprend dans l’exercice de sa profession, et le confier à un service grand public revient à le partager.
Ses limites sur un dossier
| Sur un dossier | Assistant généraliste | IA conçue pour l’étude |
|---|---|---|
| Documents longs | Un extrait à la fois ; au-delà, il résume ou oublie. | L’état hypothécaire lu en entier, fiches anciennes comprises. |
| Sources | Une réponse plausible, rarement rattachée à une page. | Chaque mention renvoie à la page de la pièce. |
| Doutes | Le vide comblé par une formulation assurée. | L’illisible et l’incertain signalés comme tels. |
| Mémoire | Chaque conversation repart de zéro. | Le dossier se souvient : pièces, délais, échanges. |
| Style | Un texte générique, à reformuler. | Les trames de l’étude, en Word. |
La comparaison complète est dans Clovis ou un assistant d’IA généraliste.
Et les offres professionnelles ?
Les offres entreprise des grands assistants prennent des engagements contractuels : pas d’entraînement sur les données, durées de conservation, parfois une résidence des données en Europe. C’est un progrès réel. Elles restent des outils généralistes : elles ne connaissent ni vos trames, ni la méthode de lecture d’un état hypothécaire, ni le suivi d’un dossier dans le temps, et la question de l’éditeur soumis à un droit étranger demeure.
Une IA privée, conçue pour l’étude
Clovis utilise les modèles de Mistral AI, hébergés en France chez Scaleway, dans un espace cloisonné par étude. Il ne converse pas : il travaille dans le dossier, lit les pièces, interroge les registres, rédige dans vos trames et attend votre accord avant toute action. Les garanties sont détaillées dans IA et secret professionnel du notaire.
Questions fréquentes
Un notaire peut-il utiliser ChatGPT ?
Oui, pour des usages sans donnée d’un dossier : reformuler, expliquer, résumer un texte public. Jamais pour une pièce, un acte ou une information couverte par le secret professionnel.
ChatGPT peut-il rédiger un acte notarié ?
Il peut produire un texte qui ressemble à un acte, sans source, sans vos trames et sans lecture fiable des pièces. Un projet d’acte se rédige depuis le dossier : voir la rédaction d’actes notariés par l’IA.
Le Chat de Mistral est-il plus sûr pour l’étude ?
Le Chat reste un assistant grand public. Ce qui protège un dossier, ce n’est pas seulement la nationalité de l’éditeur, mais le cadre : espace privé, cloisonnement, absence d’entraînement, validation humaine. Clovis utilise les modèles de Mistral AI dans un tel cadre.
Faut-il interdire ces outils à l’étude ?
Mieux vaut les encadrer : une règle d’usage écrite, un référent, une formation, et un outil adapté pour tout ce qui touche aux dossiers.